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Compost domestique : 60% de vert, 40% de brun et les erreurs à éviter

Élise-Marie Quenech'du 5 min de lecture

Transformer ses épluchures en un terreau fertile est un geste écologique gratifiant. Pourtant, devant son bac, une question revient sans cesse : que peut-on vraiment y jeter ? Si le compostage est un processus naturel robuste, il repose sur une alchimie précise entre différents types de déchets. Pour éviter les mauvaises odeurs ou un tas qui ne se décompose jamais, il est nécessaire de comprendre quelles matières nourriront vos micro-organismes et lesquelles risquent de saboter vos efforts.

Les déchets de cuisine et de jardin autorisés

Pour obtenir un compost de qualité, il faut varier les apports. On classe les déchets en deux grandes familles : les matières azotées (vertes et humides) et les matières carbonées (brunes et sèches). L’équilibre idéal se situe autour de 60 % de matières vertes pour 40 % de matières brunes.

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Les matières azotées (vertes et humides)

Ces déchets apportent l’humidité et l’énergie nécessaire aux bactéries pour démarrer la décomposition. Ils sont riches en eau et se dégradent rapidement.

Les épluchures de fruits et légumes constituent la base du compost. Qu’elles soient crues ou cuites, sans sauce, elles sont parfaitement adaptées. Le marc de café et les filtres en papier font office d’excellent activateur. Les sachets de thé, sans agrafe et en matière naturelle, sont également les bienvenus. Les tontes de pelouse s’ajoutent avec parcimonie, idéalement mélangées à du brun pour éviter l’asphyxie. Enfin, les restes de repas végétaux comme les pâtes, le riz ou le pain, en petits morceaux et sans gras, peuvent être intégrés.

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Les matières carbonées (brunes et sèches)

Le carbone sert de structure au compost. Ces matières créent des poches d’air indispensables à la survie des organismes qui transforment vos déchets. Sans elles, le mélange s’entasse, s’asphyxie et finit par pourrir.

Les feuilles mortes, idéalement broyées, accélèrent le processus. Le carton brun, comme les rouleaux de papier toilette ou les boîtes d’œufs, ainsi que le papier sans encre colorée, sont d’excellentes sources de carbone. Les petits branchages et le broyat apportent une structure durable au tas. La paille et le foin permettent de recouvrir le compost pour maintenir une température stable.

Ce qu’il ne faut jamais mettre dans un composteur

Certains déchets, bien qu’organiques, perturbent l’équilibre du composteur ou attirent des nuisibles. Voici les éléments à proscrire absolument de votre bac.

Infographie sur ce que l'on peut mettre dans un composteur : équilibre matières vertes et brunes
Infographie sur ce que l’on peut mettre dans un composteur : équilibre matières vertes et brunes
Déchet interdit Raison de l’exclusion
Viande et poisson Odeurs de putréfaction et attraction de rongeurs.
Produits laitiers Ralentissement de la décomposition et odeurs acides.
Litières d’animaux carnivores Risques sanitaires liés aux parasites.
Plantes malades Risque de propagation de champignons ou virus au jardin.
Plastiques « biodégradables » Décomposition trop lente en milieu domestique.

Au-delà des biodéchets alimentaires, la structure des matières influence la vie microbienne. Un vieux morceau de coton ou de lin, déchiqueté en fines lanières, devient un festin pour les champignons décomposeurs. Contrairement aux feuilles qui se tassent, ces fibres naturelles créent un réseau microscopique qui retient l’oxygène. Intégrer des fibres textiles naturelles, comme le coton ou le lin sans teinture, aide à stabiliser l’humidité tout en offrant un support physique aux micro-organismes.

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L’équilibre azote-carbone : le secret d’un compost sans odeur

Le compostage est un élevage de micro-organismes. Pour qu’ils travaillent efficacement, ils ont besoin d’une recette équilibrée. Un excès de matières vertes, comme la tonte de pelouse ou les épluchures, rend le mélange trop humide, bloque l’oxygène et provoque une odeur d’ammoniac.

Rattraper un déséquilibre

Si votre compost sent mauvais ou semble gluant, il manque de carbone. Ajoutez des matières sèches comme du carton découpé, des feuilles mortes ou du broyat, puis brassez le tout pour réincorporer de l’air. Si rien ne se passe après plusieurs mois et que les déchets semblent intacts, le tas est trop sec. Ajoutez des épluchures fraîches ou arrosez légèrement avec de l’eau de pluie.

Gestion de l’humidité et de l’aération

Un bon compost doit avoir la consistance d’une éponge essorée. Si vous pressez une poignée de matière, quelques gouttes doivent perler sans que l’eau ne coule. Le brassage régulier, au moins une fois par mois, est l’étape clé. Il permet de redistribuer les bactéries et d’oxygéner le milieu, évitant ainsi la production de méthane.

Les cas particuliers : agrumes, ail et coquilles d’œufs

Certaines idées reçues méritent d’être clarifiées pour optimiser votre production d’humus.

Les agrumes se compostent bien, mais leur peau épaisse est longue à se décomposer. Coupez-les en petits morceaux. Dans un lombricomposteur, évitez les quantités excessives en raison de l’acidité. L’ail et l’oignon, souvent accusés de faire fuir les vers, n’ont aucun impact réel dans un composteur de jardin classique ; vous pouvez les ajouter sans crainte. Les coquilles d’œufs apportent du calcium, excellent pour le sol. Broyez-les finement avant de les intégrer pour faciliter leur incorporation. Enfin, les cendres de bois, riches en potasse, doivent représenter moins de 5 % du volume total pour éviter un excès de pH qui bloquerait l’activité biologique.

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Reconnaître et utiliser un compost mûr

Après 6 à 12 mois, le processus touche à sa fin. Un compost mûr présente une couleur sombre et une texture grumeleuse. L’odeur doit rappeler celle du sous-bois ou de la terre forestière après la pluie. Si vous distinguez encore des morceaux de légumes ou des feuilles entières, le processus n’est pas terminé. Vous pouvez alors tamiser votre compost pour récupérer la partie fine et remettre les éléments grossiers dans le cycle suivant.

Au potager, étalez le compost mûr en surface ou incorporez-le superficiellement au sol. Pour vos plantes d’intérieur, mélangez-le à parts égales avec de la terre de jardin ou du sable pour créer un substrat riche et drainant. En nourrissant ainsi votre sol, vous fermez la boucle de la matière organique.

Élise-Marie Quenech'du
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