Emprunter en juin 2025 : 3,03 % sur 10 ans, 3,15 % sur 20 ans, 3,28 % sur 25 ans
En juin 2025, les taux de crédit immobilier restent dans une zone stabilisée après plusieurs trimestres de détente. Pour un emprunteur, l’enjeu est de lire le taux selon la durée, le profil et le coût total du projet.
Les taux de crédit immobilier en juin 2025 par durée
Le niveau observé en juin 2025 montre une hiérarchie classique : plus la durée du prêt s’allonge, plus le taux fixe tend à augmenter. L’écart reste toutefois contenu entre 15 et 20 ans, ce qui explique pourquoi beaucoup de dossiers continuent de se positionner sur ces durées intermédiaires.
| Durée du prêt | Taux moyen observé en juin 2025 | Lecture rapide |
|---|---|---|
| 10 ans | 3,03 % | Durée courte, coût total réduit, mensualité plus élevée |
| 15 ans | 3,04 % | Très proche du 10 ans, bon compromis pour les profils solides |
| 20 ans | 3,15 % | Durée de référence pour de nombreux achats de résidence principale |
| 25 ans | 3,28 % | Mensualité plus accessible, coût total plus important |
Ces taux sont à lire comme des repères hors assurance. Ils ne donnent donc pas le coût complet du crédit. Pour comparer deux offres, il faut regarder le taux nominal, mais aussi le TAEG, l’assurance emprunteur, les frais de garantie, les frais de dossier et les éventuelles conditions de domiciliation ou de produits associés.
Meilleur taux et taux moyen : deux informations différentes
Le taux moyen donne une photographie du marché pour une durée donnée. Le meilleur taux, lui, correspond aux dossiers les plus attractifs pour les banques : revenus stables, apport personnel, gestion bancaire saine, reste à vivre confortable, projet cohérent. Certains baromètres raisonnent avec le 1er décile, c’est-à-dire les 10 % des meilleurs dossiers, pour identifier les conditions les plus compétitives réellement obtenues.
En pratique, un emprunteur ne doit pas considérer le meilleur taux comme un droit automatique. C’est plutôt une cible de négociation. Si votre dossier présente peu d’apport, un taux d’endettement proche de la limite ou une situation professionnelle atypique, l’écart avec le meilleur taux peut être sensible.
Ce que révèle la tendance par rapport aux trimestres précédents
La comparaison trimestrielle confirme que juin 2025 s’inscrit dans une phase plus calme qu’au plus haut du marché. Après les niveaux élevés de 2024, les taux se sont repliés, puis ont évolué de façon plus mesurée au début de 2025.
| Période | 10 ans | 15 ans | 20 ans | 25 ans |
|---|---|---|---|---|
| 2e trimestre 2024 | 3,38 % | 3,57 % | 3,71 % | 3,83 % |
| 3e trimestre 2024 | 3,27 % | 3,46 % | 3,69 % | 4,25 % |
| 4e trimestre 2024 | 3,08 % | 3,29 % | 3,36 % | 3,47 % |
| 1er trimestre 2025 | 2,99 % | 3,09 % | 3,15 % | 3,26 % |
| Juin 2025 | 3,03 % | 3,04 % | 3,15 % | 3,28 % |
Le constat est simple : la baisse rapide observée depuis 2024 s’est tassée. Sur 20 ans, juin 2025 reste au même niveau que le 1er trimestre 2025, à 3,15 %. Sur 25 ans, l’écart est faible, de 3,26 % à 3,28 %. Les acheteurs cherchent donc surtout à optimiser leur dossier plutôt qu’à attendre une chute nette des barèmes.
Pourquoi les durées longues restent plus chères
Une banque prend davantage de risque sur 25 ans que sur 10 ans. L’horizon est plus long, l’incertitude sur les revenus futurs augmente, tout comme le risque de revente ou d’accident de parcours. Cette prime de durée se retrouve dans le taux.
À l’inverse, une durée plus longue peut rendre le projet finançable grâce à une mensualité plus basse. Le bon arbitrage n’est donc pas toujours le taux le plus faible. Il faut trouver un équilibre entre mensualité supportable, coût total acceptable et marge de sécurité dans le budget du foyer.
L’impact concret sur votre mensualité et votre capacité d’emprunt
Pour passer du taux affiché à une décision, il faut raisonner en mensualité. Voici des repères pour 10 000 € empruntés, selon la durée du prêt. Ils donnent un ordre de grandeur avant une simulation personnalisée.
| Durée | Mensualité pour 10 000 € empruntés |
|---|---|
| 7 ans | 130,11 € |
| 10 ans | 94,50 € |
| 12 ans | 81,61 € |
| 15 ans | 67,86 € |
| 20 ans | 54,96 € |
| 25 ans | 47,42 € |
Pour un prêt de 200 000 €, il suffit de multiplier ces montants par 20. Sur 20 ans, la mensualité indicative serait donc d’environ 1 099,20 € hors assurance. Sur 25 ans, elle descendrait à environ 948,40 € hors assurance. L’écart mensuel est net, mais il ne dit pas tout : le coût total des intérêts augmente avec l’allongement de la durée.
Le taux ne se déplace pas seul dans votre budget
Un crédit immobilier dépend de plusieurs paramètres : le coût de refinancement des banques, leurs objectifs commerciaux, puis votre profil d’emprunteur. Deux personnes qui empruntent le même montant au même moment peuvent donc recevoir deux propositions différentes. Le taux visible n’est qu’un point de départ.
La stabilité des revenus, l’apport, la qualité du bien, la localisation et l’assurance modifient la proposition finale. C’est pour cette raison qu’un même barème peut conduire à des offres différentes selon les dossiers.
Les leviers pour améliorer son taux
En juin 2025, le marché récompense encore les dossiers bien préparés. Avant de solliciter les banques, il est utile de réduire les crédits à la consommation, de stabiliser son épargne, d’éviter les découverts récents et de clarifier son apport. Un apport qui couvre au moins les frais annexes rassure souvent l’établissement prêteur, même si les politiques varient d’une banque à l’autre.
La comparaison doit aussi porter sur l’assurance emprunteur. Un taux nominal un peu meilleur peut coûter plus cher si l’assurance est élevée. À l’inverse, une délégation d’assurance compétitive peut réduire le coût total du crédit sans toucher au taux bancaire.
Méthode de lecture : fiabilité, limites et taux d’usure
Les baromètres de taux sont utiles, mais ils ne doivent pas être lus comme une promesse individuelle. Les chiffres publiés proviennent généralement de dossiers financés, de grilles bancaires ou de données de courtiers. La méthode CAFPI, par exemple, s’appuie sur le premier décile et sur un volume minimum de dossiers pour limiter l’effet d’un cas isolé.
Cette approche rend la lecture plus fiable, mais elle a une limite : elle reflète les dossiers effectivement traités dans un périmètre donné. Votre région, votre banque, votre apport ou votre profession peuvent conduire à une proposition différente. Les écarts régionaux restent possibles, car les banques ajustent parfois leurs grilles selon leurs objectifs de production locale. Le coût de refinancement dépend aussi du contexte monétaire et de la BCE.
Taux nominal, TAEG et assurance : ne comparez pas seulement la première ligne
Le taux nominal correspond aux intérêts du prêt. Le TAEG intègre une vision plus large du coût, notamment l’assurance, les frais de dossier et certains frais obligatoires. C’est lui qui permet une comparaison plus complète entre deux offres. Pour un emprunteur, la bonne méthode consiste à demander plusieurs simulations avec le même montant, la même durée et les mêmes hypothèses d’assurance.
Le rôle du taux d’usure
Le taux d’usure est le plafond légal au-delà duquel une banque ne peut pas accorder un crédit. Il est publié par la Banque de France et consultable via les canaux officiels, notamment Service-public.fr. Il protège l’emprunteur contre des conditions excessives, mais il peut aussi bloquer certains dossiers lorsque le TAEG dépasse le seuil applicable.
Ce point concerne surtout les profils avec assurance coûteuse, les emprunteurs plus âgés, certains risques de santé ou les montages avec frais élevés. Si un dossier est refusé malgré un taux nominal correct, le problème peut venir du TAEG et non du seul taux bancaire.
Faut-il emprunter en juin 2025 ou attendre ?
Attendre peut sembler tentant lorsque les taux ont déjà baissé, mais la décision ne repose pas uniquement sur une anticipation. En juin 2025, les niveaux autour de 3,03 % sur 10 ans, 3,15 % sur 20 ans et 3,28 % sur 25 ans donnent un marché plus lisible qu’en période de forte hausse. Pour un acheteur dont le projet est solide, l’objectif est surtout de sécuriser une offre cohérente.
Emprunter maintenant peut être pertinent si le bien correspond au budget, si la mensualité reste confortable et si le reste à vivre demeure suffisant après assurance et charges. Attendre peut se défendre si le projet est encore flou, si l’apport doit être renforcé ou si une baisse de prix du bien est plus probable qu’une nouvelle baisse marquée des taux.
- À faire avant de signer : comparer au moins deux offres sur la même durée.
- À vérifier : le TAEG, l’assurance, les frais de garantie et les indemnités de remboursement anticipé.
- À simuler : une mensualité avec marge de sécurité, notamment en cas de hausse de charges ou de changement familial.
- À négocier : l’assurance emprunteur, les frais de dossier et parfois la modularité des mensualités.
Le bon taux n’est donc pas seulement le plus bas affiché. C’est celui qui permet de financer le bien sans fragiliser le budget, avec une offre lisible, comparable et compatible avec le taux d’usure.
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